Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 12:16

PiézomètreJe me souviens avoir été surpris, lorsque arpentant pour la première fois les champs en contrebas de la colline abritant la "Grande Soeur", je suis tombé sur ces tubes de métal fichés dans le sol... ici et là, ces mêmes tubes... leur partie supérieure obturée d'un couvercle maintenu par un solide cadenas... Ce n'est que plus tard que j'ai appris qu'il s'agissait de piézomètres... "l'accessoire indispensable à tout bon site pollué" qui permet, par des prélèvements réguliers, de mesurer le degré, l'évolution de la pollution dans le sous-sol... La Décharge est paraît-il, placée sous étroite surveillance... et les piézomètres sont l'une de ces "vigies"... c'est qu'un pompage d'eau potable, non loin de là, alimente les habitants de bon nombre de villages alentour...

En revanche, l'Affinerie, pendant longtemps, n'a pas eu de piézomètre... ce qui pouvait laisser penser que finalement le site n'était peut-être pas si pollué... Mais je crois me souvenir que c'était un jour de 2009, après le grand dépeçage des pieuvres métalliques de l'Affinerie, des parcelles du site ont été retournées et des piézomètres y ont été plantés... laissant supposer que les lieux, après de longues années d'abandon, méritaient d'être surveillés...

Quels sont les secrets que confient ces piézomètres à leurs Maîtres, les Contrôleurs de l'Etat, les "Seuls Habilités" à en avoir la Lecture...Car peut-être ces piézomètres eux-seuls détiennent-ils la Vérité et pourraient nous faire savoir quel est le degré réel de dangerosité des lieux...

Le jour où cette photo a été prise, un joli jus noirâtre, une sorte de Sérum de Vérité, coulait de la base du PZ4, ruisselant, en de tortueux méandres, jusqu'au tranquille cours d'eau en contrebas...

En confier un jour un échantillon à un laboratoire indépendant pourrait être une idée à creuser... histoire, une bonne fois pour toutes, de bien se foutre la pétoche ou de se rassurer...

Par itshould
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 22:55

T.A.ZLa Zone Autonome Temporaire, la TAZ, un concept explosif, pour qui voit nos sociétés comme des modèles uniformément ordonnés... un concept à ramifications multiples qui invite à aller au-delà des apparences et à pousser des portes ouvrant sur d'autres réalités... La TAZ existe en tant que "marge d'erreur", elle est une fissure dans le temps et l'espace qui, selon Hakim Bey, "trouve sa plus grande force dans son invisibilité", se manifestant "à qui sait la voir"... La TAZ est "comme une insurrection sans engagement direct contre l'Etat, une opération de guerilla qui libère une zone (de terrain, de temps, d'imagination) puis se dissout, avant que l'Etat ne l'écrase, pour se reformer ailleurs dans le temps ou l'espace"... La TAZ est une "interzone", ce sont "des lieux où l'on ne va pas", ce peut être "ces oasis fortifiées cachées le long des routes secrètes...". Hakim Bey va plus loin: "La TAZ est utopique dans le sens où elle croit en une intensification du quotidien, une pénétration du Merveilleux dans la vie". Il serait plus aisé d'étudier la TAZ "à la lumière de la science du chaos plutôt qu'à celle de la sociologie, des statistiques, de l'économie...".

Voilà pour les premières portes qu'ouvre le concept de TAZ...

Par itshould
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 14:54

IMG 3400Les diverses communautés de visiteurs de l'Affinerie se la partagent, jusqu'à présent en bonne intelligence, et le plus souvent sans que personne ne s'aperçoive de la présence ou de la venue des autres... Ainsi, les artistes peintres et graffeurs savent l'éviter quand les paintballers occupent le terrain de leur guerre virtuelle... c'est-à-dire assez ponctuellement, à vrai dire, et assez rarement ces derniers temps... Les ferrailleurs s'y affairent la nuit quand le besoin s'en fait sentir, tranchant alors allègrement le métal... Quelques gamins esseulés s'y dispersent parfois le mercredi ou le samedi quand l'ennui les y guide ou que l'envie les prend de braver l'interdit... Les Contrôleurs de l'Etat, eux, ne peuvent que constater que dernièrement, malgré l'Interdiction, quelqu'un est passé... Ce partage tacite, du temps d'occupation de l'Affinerie et de ses usages, laisse finalement un assez large champ libre aux curieux et à une autre communauté dont je fais moi-même partie: appelons-les les archéologues post-industriels... Ils arpentent les lieux, les yeux rivés au sol, à la recherche de la pièce de métal qui saura leur parler du passé du site et de la communauté humaine qui y a vécu, qui y a travaillé lors d'une ère industrielle si peu lointaine qu'elle ne semble encore intéresser que bien peu de personnes... On voit parfois ces archéologues postindustriels s'arrêter net, tels des hérons ayant distingué une proie à travers l'eau trouble de l'étang, quand la perle rare s'offre enfin à eux... ou on les voit agenouillés, fouillant délicatement les cendres ou soulevant les feuilles mortes et les mousses qui camouflent les pièces... Au fil du temps, on acquiert une connaissance assez fine du terrain... suffisamment fine pour savoir que quelqu'un est passé avant nous... un visiteur maladroit, un "indélicat", un autre archéologue postindustriel ou bien encore un pillard d'antiquités postindustrielles... J'avoue... je fais aussi partie de cette dernière communauté... bien modestement en réalité, car ce qu'il y a à piller ici n'a plus aucune valeur... sauf pour ceux qui comme moi distinguent -étrange anomalie qui nous caractérise- dans une quelconque pièce rouillée un trésor dissimulé...

Par itshould
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 16:45

Hakim Bey Forcément... cela devait arriver... mes recherches personnelles sur ce que sont ces "lieux", sur ce qu'est Postindustry... au fond, sous la croûte polluée des apparences... ces recherches, après m'avoir mené à Héraclite, devaient forcément un jour ou l'autre me conduire à Hakim Bey... précisément au moment où je commencais à craindre de me perdre en élucubrations à travers ce blog... m'éloignant petit à petit de ce qui était l'objectif initial de ce blog: "dénoncer, en images et en une chronique décalée, les comportements irresponsables ayant conduit à la pollution de ces territoires"  pour m'aventurer sur un chemin inconnu que je n'avais jamais imaginé explorer et qui s'ouvrait, malgré moi, au fur et à mesure de cette chronique: "Postindustry comme révélateur de nos sociétés", "Postindustry comme enclave cachée de... quelque chose... quelque chose ayant trait à la renaissance, à une forme de liberté retrouvée"...

C'est donc à ce moment que je découvre Hakim Bey et ses concepts explosifs de "Zone Autonome Temporaire" (la TAZ ou Temporary Autonomous Zone), de "Zone interdite" ou bien encore de "Terrorisme Poétique"... La TAZ, concept mouvant qu'Hakim Bey s'interdit délibérément de définir, "se contentant de tourner autour du sujet"... car la TAZ, pour reprendre ses paroles est "quasiment auto-explicite", "comprise dans l'action"...

Pour moi, cela ne semble faire aucun doute, mais je me trompe peut-être, ces enclaves du Royaume de Postindustry, dont nous foulons ensemble depuis quelques temps le sol à travers la réalité virtuelle de ce blog, sont à leur manière des Zones Autonomes Temporaires...

 

"La TAZ est quelque part. Elle existe à l'intersection de nombreuses forces (...)

visibles pour l'adepte dans des fragments apparemment disjoints de terrain,

de paysages, des flux d'air et d'eau, des animaux.

Elle vivra, maintenant, ou dés que possible, sous quelque forme suspecte ou délabrée"

Hakim Bey "La Zone Autonome Temporaire"

 

 

 

 

 

Par itshould
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