Je me souviens avoir été surpris, lorsque arpentant pour la
première fois les champs en contrebas de la colline abritant la "Grande Soeur", je suis tombé sur ces tubes de métal fichés dans le sol... ici et là, ces mêmes tubes... leur partie supérieure
obturée d'un couvercle maintenu par un solide cadenas... Ce n'est que plus tard que j'ai appris qu'il s'agissait de piézomètres... "l'accessoire indispensable à tout bon site pollué" qui permet,
par des prélèvements réguliers, de mesurer le degré, l'évolution de la pollution dans le sous-sol... La Décharge est paraît-il, placée sous étroite surveillance... et les piézomètres sont l'une
de ces "vigies"... c'est qu'un pompage d'eau potable, non loin de là, alimente les habitants de bon nombre de villages alentour...
En revanche, l'Affinerie, pendant longtemps, n'a pas eu de piézomètre... ce qui pouvait laisser penser que finalement le site n'était peut-être pas si pollué... Mais je crois me souvenir que c'était un jour de 2009, après le grand dépeçage des pieuvres métalliques de l'Affinerie, des parcelles du site ont été retournées et des piézomètres y ont été plantés... laissant supposer que les lieux, après de longues années d'abandon, méritaient d'être surveillés...
Quels sont les secrets que confient ces piézomètres à leurs Maîtres, les Contrôleurs de l'Etat, les "Seuls Habilités" à en avoir la Lecture...Car peut-être ces piézomètres eux-seuls détiennent-ils la Vérité et pourraient nous faire savoir quel est le degré réel de dangerosité des lieux...
Le jour où cette photo a été prise, un joli jus noirâtre, une sorte de Sérum de Vérité, coulait de la base du PZ4, ruisselant, en de tortueux méandres, jusqu'au tranquille cours d'eau en contrebas...
En confier un jour un échantillon à un laboratoire indépendant pourrait être une idée à creuser... histoire, une bonne fois pour toutes, de bien se foutre la pétoche ou de se rassurer...
Forcément... cela devait arriver... mes recherches personnelles
sur ce que sont ces "lieux", sur ce qu'est Postindustry... au fond, sous la croûte polluée des apparences... ces recherches, après m'avoir mené à Héraclite, devaient forcément un jour ou l'autre
me conduire à Hakim Bey... précisément au moment où je commencais à craindre de me perdre en élucubrations à travers ce blog... m'éloignant petit à petit de ce qui était l'objectif initial de ce
blog: "dénoncer, en images et en une chronique décalée, les comportements irresponsables ayant conduit à la pollution de ces territoires" pour m'aventurer sur un chemin inconnu que
je n'avais jamais imaginé explorer et qui s'ouvrait, malgré moi, au fur et à mesure de cette chronique: "Postindustry comme révélateur de nos sociétés", "Postindustry comme enclave cachée
de... quelque chose... quelque chose ayant trait à la renaissance, à une forme de liberté retrouvée"...